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Loi "travail" de Manuel Valls: la Cfdt fait-elle de la politique?

texte publié le 09-03-2016

Puisque nous parlons de politique, nous parlons bien de rapports de forces. Et force est de constater que Laurent Berger est sur le point de réussir un tour de force: imposer un compromis à Manuel Valls, laissant les autres confédérations à leur refus frontal sans grand débouché.

Manuel Valls sait jouer ces bras de fer. Mais, de prime abord, la Cfdt a su se positionner en troupes incontournables. A quelques détails près. La confédération a remis au Premier ministre 54 amendements. Pas d'amendement, pas de loi? Certes. Mais que se passe-t-il si le gouvernement adopte 34 amendements? Ou 32? Puis que le législateur refuse le projet de loi, même avec 34 ou 32 amendements? Irrecevable ou acceptable aux yeux de la Cfdt? Et si cela est jugé irrecevable, quel sera alors son mode d'action? Trop tard? 

Il y a une petite question de timing qui laisse naître la suspicion du jeu politicien plus que politique: le positionnement plus que le résultat? Au risque de soupçon de connivence dans la recherche de positionnement, de postures, d'une l'art déposer un projet de loi avec l'aval d'une confédération réformiste et d'autre part pouvoir dire qu'un un compromis digne d'une négociation a été arraché...

Je m'interroge tout de même: si le texte amendé - en supposant qu'on y arrive - était bien celui voulu par la Cfdt, pourquoi ne jamais l'avoir dit avant? Pourquoi ne pas l'avoir proposé? Pourquoi ne jamais avoir inscrit, dans un rapport de forces très politique, ce projet de réforme du code du travail ? Après tout, l'idée des conférences sociales était bien de mettre les partenaires sociaux au centre du jeu politique.

5 commentaires

Le droit est un rapport de force social, disait Marx.
La CFDT comme les autres syndicats d'ailleurs sont dans leur rôle. Ne mélangeons aps tout: les parlementaires sont responsables vis-à-vis de leurs électeurs (et ils ont un sacré paquet de compte après la déchéance et le vote hier de loi contre le crime organisé et le terrorisme... On va rigoler en 2017).
Si les parlementaires amendent et pas dans le bon sens, hé bien ils renforceront le mouvement social.
C'est le système des corps intermédiaires qui est en jeu et on d'un côté une classe politique qui, sans le dire, en souhaite peu ou prou la fin, et des corps intermédiaires qui eux ne veulent surtout pas de mouvement "grass root" qui mettrait en péril leur légitimité déjà très écornée, donc leur existence...
Je te tiens tu me tiens par la barbichette... Le plus désolant, c'est que le grand exclu, une fois encore, de ce débat, est le peuple. Les déclarations stupides du genre "ce sont pas les réseaux sociaux qui font" ou "ce n'est pas la rue qui gouverne" sont autant d'illustrations de l'impéritie et de la nullité des politiques et du gouvernement. Si le peuple descends dans la rue, c'est toujours parce qu'il n'a que cela pour se faire entendre...

Pascal Clerotte - 09/03/2016 09:40

Marx a bien démontré que le chômage était une main d'oeuvre de réserve permettant de contraindre les salaires.le problème actuel est moins le libéralisme que celui de la répartition des gains qu'il permet, temps de travail et revenu du capital.

margau - 10/03/2016 17:46

A cette heure ci, il n'est pas question que la loi soit retirée et que les amendements demandés soient pris en compte...
Reste à voir ce que va donner la suite. Pour autant le peuple est bel et bien dans la rue...et cela ne change rien à la détermination du gouvernement. Je ne crois pas à cette entente...je crois juste que le droit du travail a besoin d'être réformé pour être compétitif. Bien sûr que la CFDT est dans son rôle..!

Sophie LAURENCOT - 10/03/2016 19:01

Et maintenant L'UNEF vient d'être renvoyé dans sa cour d'école...!! (Le président étant malgré tout content d'avoir été écouté...!). Il lui manque la différence fondamentale entre être "écouté" et "entendu"..!
Suite lundi...donc!

Sophie - 11/03/2016 12:11

Je ne crois pas beaucoup à ton histoire, ça ne ressemble pas au fonctionnement interne de la Conf. La CFDT a une analyse de l'évolution économique et sociale du pays, et de l'Europe dans la Globalisation. Depuis toujours elle est restée sur une ligne différente de celle de la CGT. La CFDT a toujours voulu s'occuper de tout ce qui se passait dans l'entreprise, y compris la gestion pour la faire évoluer et non pour la dénoncer. Sous Sarkosy elle a négocié et fait entrer dans la loi des ANI importantes et cette fois encore elle est dans son rôle de profiter de ce moment dans la trajectoire du pays vers plus d'intégration dans la zone Euro pour pousser sa vision du monde du travail. Oui je crois qu'elle a imposé un compromis à Valls qui voulait aller plus loin parce qu'il est convaincu qu'il n'y a plus de majorité ni à Droite, ni à Gauche dès lors que l'on veut bousculer les archaïsmes. La CFDT agi en Démarche positive, elle regarde toujours ses étoiles, avec que la plupart sinon tout le reste ne font que regarder le doigt.

Daniel HUCHETTE - 31/03/2016 13:46

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