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L'économique est une question morale

texte publié le 18-03-2016

La chute du mur de Berlin n'a pas mis fin à l'Histoire, pas plus qu'elle n'a pas permis d'écrire une synthèse politique. Elle a ouvert la voie à une nouvelle mondialisation et, paradoxalement, un abandon de réflexion politique globale au profit à de revendications et des combats segmentés, fondés sur des fragments identitaires ou l'appartenance à des groupes d'intérêt : identités sociales, défense des sans-papiers, obédiences diverses, lutte contre les OGM, contre la précarité du logement, appartenances ethniques, valorisation d'autres critères identitaires, etc.


L'écologie, malgré son potentiel politique pour repenser la Cité grâce au développement durable, a pour champ d'expression l'Europe, et a été plus ou moins pleinement reprise dans les projets des autres partis.

Mais autre paradoxe, si la fin de la guerre froide sonne le glas des modèles affirmant la prépondérance de l'amoralisme dans l'équilibre des puissances politiques et économiques, la mondialisation a fait réapparaître la morale dans les rapports économiques, tout d'abord au niveau international, avec par exemple le commerce équitable, puis nationaux et locaux, avec par exemple le projet d'entreprise socialement responsable.


La nouvelle mondialisation, qui résulte de la chute du mur de Berlin, devient, chose surprenante, le terreau du renouveau de " l'idée de morale " qui, fondée sur un système de valeurs, guide notre action, nous dit ce qui est juste et ce qui est injuste, voire sépare le bien du mal. La logique des " sciences économiques " aurait commandé que le triomphe du capitalisme soit celui de la stricte et froide rationalisation des échanges, fondée sur cette absurde hypothèse de " l'égoïsme universel ".

Le lien entre échanges économiques et sentiments moraux positifs, comme la sympathie, la compassion, l'entraide et la solidarité, a ressurgi au coeur de la mondialisation. Ces combats de " morale " restent parcellaires, fragmentés. Mais l'idée que l'échange économique est ou doit être une question morale prend de la force. Il est peut-être donc temps de s'intéresser aux considérations éthiques qui façonnent le jugement humain. Et de dessiner ainsi une nouvelle ligne politique.

1 commentaire

C'est aussi parce que certains se sont élevés contre les barbarie, se sont indignés des souffrances, ont pensé l'homme d'un point de vue humain , mais aussi parce que l'époque était voulue pour l'émergence concrète d'un monde plus riche avec l'émergence de puissance économique comme les Etats Unis qui ont connus une forte croissance et dès lors il ne restait plus qu'à penser l'homme....Par ailleurs dans l'antiquité, les premiers philosophes à penser l'homme était plutôt riche et possédait eux mêmes leurs esclaves...
On a vu aussi un peuple Allemand fiché à la pancarte des bourreaux revenir du mal, faire son auto-analyse et imposer un monde plus moral, on le voit encore aujourd'hui avec l'accueil des réfugiés...alors est-ce si manichéen que ça?

Caroline - 29/03/2016 23:10

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