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Les primaires à gauche: jeu de billard et calculs hypocrites

texte publié le 24-10-2016

Les primaires sont inscrites dans les statuts du PS. Donc primaires il doit y avoir.

Sauf que ce sujet a tout de même été largement promu parce que certains considéraient qu'il fallait à tout le moins contester voire empêcher le président sortant de se représenter... tout en se donnant pour horizon 2022.


Autrement dit, beaucoup de ces joueurs de billard n'aurait peut-être pas brandi le sujet des primaires pour 2017 s'ils n'y avaient pas vu une opportunité, en vue d'un congrès ou d'une candidature en 2022...


Du coup, un temps l'exécutif a renâclé, puis anticipant que François Hollande serait sans doute investi, s'y est plié... faisant alors soudain hésiter Arnaud Montebourg, qui ne s'y attendait pas et s'est demandé un temps s'il ne devait pas candidater hors primaires, lui, le premier promoteur des dites-primaires...pour finalement, lui aussi, s'y plier...surtout qu'il commence à croire en ses chances (ne pas trop prendre de risque, donc).

Passons: les primaires sont dans les statuts du PS. Si elles n'avaient pas fait l'objet de ces petits calculs, la chose aurait été plus naturelle, et nous n'aurions pas eu droit à ces contorsions.

Aux Etats-Unis, le président sortant participe toujours aux primaires... le plus souvent seul. Il ne s'agit pas d'une formalité, mais bien d'un rapport de forces qui installe le président comme un candidat que personne n'ose contester. Lorsqu'un président américain envisage de faire un second mandat, aucun poids lourd de son camp n'ose l'affronter, non en raison d'un pli monarchique de la Constitution, mais parce qu'il est en général assez fort pour s'imposer, qu'il faut aussi gagner des sièges au Parlement (élection simultanée), et qui une défaite présidentielle se profile, chacun se replie sur son Etat. En 2012, Barack Obama n'a pas eu à faire campagne pour être désigné comme candidat démocrate, mais il avait huit "challengers"... dont un prisonnier, un militant anti-avortement ou encore un artiste du nom de Vermine suprême.

Dans le cas français, le débat de la primaire pose la question la tendance monarchique des Institutions de la Ve. Le réflexe de légitimité exclusive du président sortant entre en conflit avec l'idée de primaire... vieux réflexe qui gagne tout le monde, y compris un parti qui conteste sur le fond la Ve République.

Mais la règle est la règle.

Je crains pourtant que nombre de ceux qui revendiquaient des primaires n'aient brandi cette règle du parti que dans l'unique objet de contester un président en mauvaise situation, et surtout parce que ces votes sont aussi pour eux une rampe de lancement pour le congrès de 2017 et l'échéance de 2022...

Jeux d'hypocrites, donc, de parts et d'autres!

Il faut donc installer cette règle et si un président est contesté, que l'on ne brandisse pas une règle pour justifier l'envie de débattre et de candidature à sa place, mais que l'on ait le courage de dire que l'on conteste la politique menée... Sauf que plusieurs candidats à ces primaires ont été ministres du président... Ils n'assument donc pas leur politique?

Une idée sombre traverse mon esprit: ne veulent-ils pas dans le fond le beurre et l'argent du beurre?

6 commentaires

C'est très juste

Chauviere Didier - 25/10/2016 07:31

Peut-on contester un Mec qui a le titre de Président pour toujours ? <3

Balboa Alice Spensers? - 25/10/2016 16:32

Ayé, je sais qui gagnera les élections...Monsieur Scheffield!

Fran - 31/10/2016 22:19

Très honnêtement, je pense que la gauche va gagner les prochaines élections, si Hollande ne se présente pas....
Perso, et comme beaucoup, j'ai un faible pour Taubira qui je pense incarne une victoire large de la gauche.
Avec Fillon incarné en candidat de la droite qui a le charisme d'une vache regardant passer les trains mais d'un calme olympien, je pense que Marine Lepen sera dans les choux et que le duel sera entre droite dure, et gauche fun.
Si Hollande-FN, alors FN gagne

Caroline - 22/11/2016 13:15

Ou alors un FN -PS, si Fillon est sanctionné pour son manque de charisme NDLR comme l'a été Jospin

Caroline - 22/11/2016 13:18

En fait je pense qu'après 5 ans de mandat de droite, le vote populaire s'impose à tous, sans confondre populaire et populiste...voilà je crois que tous le monde veut sa bulle d'oxygène.

- 22/11/2016 13:33

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