FH

Trump ou la fin de l'Empire romain

texte publié le 09-11-2016

Que va donc pouvoir faire Trump à partir de février ? Il disait en campagne vouloir relancer l'économie (déficit) et donner la priorité à la Nation (barrières douanières)... 


Mais encore faut-il que d'autre financent son déficit et que l'économie américaine soit en capacité de se substituer aux importations...et à certaines exportations (trouver des débouchés pour les produits faisant l'objet de mesures de rétorsion de l'extérieur).

Impossible par exemple de se fermer à l'électronique chinoise... difficile de se passer du financement chinois de la dette... plus simple d'affirmer la primauté de l'automobile made in USA...sachant que l'Europe est peu présente sur le territoire américain en la matière, mais que la firme Toyota l'est, elle, massivement, non pas par commerce international mais via la production locale.

Politique protectionniste, relance (keynésienne!)... le danger est de provoquer une chute du dollar t'elle que les fonds se retirent du Pays, l'entraînant par le fond d'une régression. Il faut donc des produits cibles qui répondent aux exigences de confiance dans le dollar US pour ne pas obérer le financement de la dette. L'armement par exemple? Mais sur quel terrain de démonstration? Le Moyen Orient? Et pour quels marchés? L'Europe? L'Asie? L'Amérique latine ? Le Pacifique? Pour quelles raisons? Le danger russe, le bouc émissaire Poutine...

In fine, cette politique coûterait très cher aux États Unis: l'URSS n'a pas pu résister à la course aux armements. Et un enlisement militaire en Syrie / Irak dans une quête difficile du Kurdistan, rappellerait les errements américains au Vietnam ou ceux de l'URSS en Afghanistan. Mais sur quatre ans de mandat renouvelable...?

Nous assistons, je crois, à la fin de l'Empire romain... le Centre de gravité économique et démographique est en Asie. Cela fait longtemps qu'on le dit, mais nous en voyons les effets: départs des industries, abandon de populations ouvrières à qui on ne sait pas proposer quelque chose, décadence quasi-régressive des spectacles pour oublier cette misère, manque de perspectives, hausse des inégalités, hausse des inégalités, hausse des inégalités... Dans le fond, Trump est la traduction populaire des avertissements trop élitistes (au regard des électeurs américains) de Bernie Sanders.

Trop d'inégalités conduisent invariablement le peuple à "reprendre les choses en main", au risque d'une dislocation des structures existantes, avec le repli sur soi, des murs pour frontières, le rejet des autres, les intérêts locaux qui reprennent le dessus, ne trouvant plus de cause supérieure transcendante pour laquelle se battre. C'est alors la fin de l'Empire romain que l'on croyait pérenne et qui succomba à sa propre dynamique et ses ressorts militaires.

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© 2010-2019 - François Hada