FH

Shakespeare in Politics

texte publié le 21-01-2017

Brutus? Ce parallèle me semble bien insuffisant, car relevant notamment d'une légende grossière, infondée (il n'était ni le fils naturel ni le fils adoptif de César), selon une histoire de complot par trop simpliste. Il n'y a pas de fils ou fille en politique, il n'y a que les rapports de forces.


Pour réfléchir au pouvoir, les pièces de Shakespeare et les tragédies d'Eschyle ou d'Euripide me semblent en dire tellement plus.

La psychologie des personnages prend toute sa place motrice, et permet de comprendre la violence de leurs actes.

Prince de Norvège, Fortinbras est le fils du roi du même nom, lequel a succombé dans un combat emporté par le roi Hamlet. Dans cette pièce de Shakespeare, Fortinbras n'est qu'un nom en filigrane, une ombre, le rappel d'une pression extérieure qui s'exerce naturellement parce qu'en politique tout est rapports de forces.

La tragédie de Hamlet est la narration logique d'une violente décomposition. Fortinbras n'apparaît qu'après la mort de tous les protagonistes, au terme d'une autodestruction du royaume où il y avait décidément quelque chose de pourri. Il recueille alors sans combat, comme un recours évident, la couronne du Danemark.

Il ne faut jamais oublier, pour consolider tout nouveau pouvoir, de placer le corps de Hamlet sur une haute estrade...

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© 2010-2017 - François Hada