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Le discours populiste, guet-apens nationaliste

texte publié le 30-04-2017

Les exemples du nationalisme, nous les connaissons. Le nationalisme porte plusieurs noms. Chacun de ces noms exprime tout un ordre de faits et d'idées. Le nationalisme s'est appelé le Vel d'Hiv ou Affaire Dreyfus, en ce que ces repères ont porté la volonté de détruire ceux que les nationalistes haïssaient au point de vouloir leur souffrance, leur humiliation, la négation de ces personnes, leur annihilation. 

Le nationalisme s'est appelé le colonialisme, dans ce qu'il véhiculait de mépris à l'égard de l'autre, sans vouloir nécessairement le détruire, mais à tout le moins, l'exploiter, le rabaisser, lui imposer ses normes, le maintenir à un rang inférieur ; il s'appelle aujourd'hui le Frexit : la peur de l'autre, du monde tel qu'il est, conduirait à l'isolement, le rejet, la fermeture. Ces trois repères du nationalisme portent en germe l'affrontement, la guerre, la destruction.

Le Vel d'hiv, exemple épouvantable parmi d'autres, marque notre Histoire à jamais; le colonialisme, repère terrible, qui brûle notre passé, résonne encore dans notre présent ; le Frexit, ou le projet absurde du repli sur soi, parce que l'on n'arrive plus à rejeter les autres parce qu'elles ou ils sont noirs, jaunes, métis, juifs, musulmans, homosexuels, parce qu'elles sont ou qu'ils sont du village d'à côté... Projet absurde d'enfermement de la Nation en un huis clos au sein duquel on pourra "régler nos différends" à l'abri du regard du monde, fuite absurde devant le monde tel qu'il est, fuite devant l'avenir, repli sur hier, pour se rassurer. Ce nationalisme-là est déjà en Europe, comme un cancer qui cherche à se greffer sur la souffrance et la peur, et qui veut s'épanouir par métastases sur la misère. Le nationalisme se nourrit de la souffrance... c'est dire le bien qu'il veut faire.

Prenons garde, si nous ne le contenons pas, ce nationalisme nous conduira à nouveau au pire.

En Amérique, le nationalisme ne se cache plus ; il s'appelle Trump. En Russie, le nationalisme s'appelle Poutine. En Turquie, il s'appelle Erdogan. En Hongrie, il s'appelle Orban et en Pologne, Duda ou Kaczynski... Jadis, il s'appelait Pinochet, Mussolini, Pétain, Hitler...

En France, la nationalisme avance encore un peu masqué, d'un masque blanc, souriant, apaisant, rassurant, d'un masque inerte, sans vie, pour ne pas trop se révéler, il avance en restant flou sur les termes qu'il manipule, comme celui de souveraineté, sans en définir le contenu. En France, le nationalisme se cache à demi. De deux choses l'une : ou le nationalisme est une bonne chose, ou il ne l'est pas. S'il est une bonne chose, pourquoi se cacher à moitié ? S'il est une mauvaise chose, pourquoi le suivre? 

Car il faut le dire clairement. Le nationalisme n'existe pas à moitié ou en partie : il est ou n'est pas. Pour qu'il soit lui-même, il ne lui suffit pas d'être terrible, violent, catégorique dans le discours. Non, le nationalisme se veut permanent, définitif. Et pour cela, il exclut toute forme de contradiction, suspecte de connivence avec l'étranger. La nationalisme est totalitaire et cherche toujours le chemin pour revenir en arrière... Il ramènera le pays à l'idée qui présida au Vel d'Hiv : annihiler ce qui gêne... tuant l'idée même de Nation française en fait. Les nationalistes n'auront plus la Nation comme argument, mais feront face à la misère et au mécontentement grandissant. Ces pourvoyeurs de haine voudront alors faire taire ces contestations, et rétabliront tous les outils nécessaires à leur élimination, en commençant par l'échafaud... veut-on revenir en arrière ou aller de l'avant ?

Le discours populiste, charmeur, faisant vibrer quelques nostalgies d'un passé doré en réalité imaginaire, n'est en fait qu'un guet-apens du nationalisme tendu au peuple. 

Il ne nous suffit pas de déjouer, d'un vote, ce guet-apens ; il nous faut combattre ceux qui ont fomenté ce piège. Et détruire la misère. Il nous faut précipiter la France un peu plus loin dans l'idée de progrès, pour tenter d'en finir avec les discours de haine et interdire tout retour en arrière. Nous devons nous lancer dans les nouveautés fécondes et humaines, dans le débat, la controverse, comme on se jette à l'eau pour apprendre à nager. Nous serons alors en pleine humanité et bien tenus de nager.

1 commentaire

Juste comme ça pour ceux qui ont voté Macron qui va faire encore mieux ces prochains mois voir ces 40 prochaines années...grâce à la loi travail, j'en suis à mon troisième jours d'essai gratuit (donc non rémunéré et tout à fait légal) dans une boîte pour un boulot de merde bien en dessous de mes compétences...Un essai professionnel donc qui ne garantit aucune embauche derrière, pour essayer de décrocher donc un CDD de 4 mois renouvelable avec encore une période d'essai de 1 mois...
Merci les apparatchiks!

Caro - 17/06/2017 14:40

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