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La fin de la sécurité sociale ou le nouvel Etat

texte publié le 05-08-2018

Quand les plus riches sont exonérés de toute obligation et que les prélèvements obligatoires n'apportent guère aux plus pauvres (pas de droit au chômage, à la santé, à la retraite), que reste-t-il de la solidarité ?


La question n'est-elle pas: « qu'est-ce qui dysfonctionne? »

Je me rappelle ces dîners « citoyens » organisés entre 2009 et 2016, en partie relayés sur le site « carnets-débats.fr ». Il y avait les dîners d'experts en économie, en sociologie, en énergie, de profs, de militants, de chefs d'entreprise, de syndicalistes, etc. 

Et il y avait aussi les dîners avec des personnes sans spécialité particulière. Certaines tables réunissaient des personnes qui vivent avec moins de 1000€ par mois. 1000€ pour une famille de 2/3/4... leurs analyses étaient précises. Leurs analyses disaient l'ecart entre les grands discours et leur vie: ils me disaient « dans le fond, vous n'avez pas la main ». « Vous » désignait « vous du monde politique ». 

« Vous ne décidez rien, ce sont les entreprises qui décident où va l'emploi et combien on le paye. » En partie faux. Mais grande en partie vrai. 

Il est vrai que Mittal ne comprenait pas que l'Etat français s'oppose au licenciement à Florence de quelques centaines de personnes. Il est vrai qu'Alcaltel ne voulait au début même pas rencontrer le Premier ministre. Il a fallu et il faut encore que l'Etat ajuste sa politique en intégrant la stratégie de ces groupes, avant de la subir. 

Et d'ajouter « moi, avec 700€ par mois, j'ai pas de quoi me payer des lunettes, de me faire soigner les dents, de louer un appartement à ce caution... je n'aurai pas de retraite puisque je me fais virée sans cesse,je n'ai pas droit au chômage, je n'ai pas d'assurance maladie ou en tout cas de mutuelle... alors, pourquoi je devrais cotiser? »

Alors, qu'est-ce qu'on invente pour protéger les personnes et arrime l'emploi? Le nouvel État doit comprendre qu'il ne maîtrise d'abord qu'un territoire. L'État démocrate social doit aussi savoir penser comme les groupes financiers et industriels mondiaux. 

1 commentaire

Macron et sa bande se foutent pas mal du social. Nous assistons à une américanisation de nos vies sans que la population ne s'en rende vraiment compte. Et moi, c'est ça qui m'inquiète. Faudra-t'il que nous tombions tous dans une misère noire pour que le peuple réagisse?

carole bessa de almeida - 05/08/2018 19:27

Le démantèlement progressif de la solidarité s'accompagne d'un discours culpabilisant (nous n'aurions pas su faire les efforts nécessaires, notre modèle n'est plus adapté à la concurrence mondialisée ....) ce discours répété et relayé par les experts qui ont remplacé les' politiques fait qu'il est sans doute difficile de réagir aux réformes qui seraient en elles même une réponse à ce retard accumulé. Toute revendication, tout rappel de la réalité des plus défavorisés et pénalisés est disqualifiée par cette vision pragmatique.

Isabelle H - 05/08/2018 22:23

Première réaction et donc première question ( le reste viendra sans doute beaucoup plus tard!) Pourquoi là le billet est-il intitulé la fin de la sécurité sociale alors que dans le menu on parle de protection sociale? Question essentielle puisque c'est le fondement d'une controverse constitutionnelle, rien de moins, quand Olivier Véran, député LREM rapporteur du PLFSS à l'Assemblée Nationale a essayé par amendement de remplacer dans la Constitution l'expression "sécurité sociale" par "protection sociale", amendement repris par les trois rapporteurs de la réforme constitutionnelle heureusement suspendue après les événements que l'on sait. Cet amendement n'a été retiré qu'au dernier moment avant examen en séance....vu les réactions. Donc ma question est pourquoi, mon cher François, ce changement de titre quasiment à vue?

Cécile AKTOUF - 07/08/2018 11:57

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