FH

Jouer sur la cotation boursière comme levier pour l'emploi

texte publié le 07-08-2018

En 2013, Alcatel lance son plan shift 2013/2015: -10.000 emplois dont -1.000 en France, qui accorde moult crédits impôts recherche à ce groupe qui bascule vers le marché asiatique. Un plan de plus, des salariés épuisés par ces vagues de licenciements...


Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, annonce alors sur Europe 1 à la direction d' Alcatel-Lucent, qui ne répond pas à ses convocations, de revoir son plan de licenciement. Et de menacer, « sans accord, le plan social ne sera pas agréé».

Le titre perd alors plusieurs points, ce qui enraye la blitz stratégie d'Alcatel: licencier vite pour rassurer les investisseurs, renflouer le groupe et le faire revenir dans le CAC40. Patatras : la menace du Premier ministre fait trébucher cette stratégie. Que n'a-t-on reproché à Jean-Marc Ayrault !? D'avoir fait dévisser de manière irresponsable le titre d'une grande entreprise? Et alors? Si cela permet d'engager de vraies négociations ! Question de rapports de forces.

Les représentants d'Alcatel ont couru soudain ventre à terre à Matignon pour être reçu par le Premier ministre. Trop tard. Ils ne seront reçus « que » par le cabinet reçoit qui lui dicte de trouver des repreneurs. Ce qui fut chose faite, pas partout, mais de manière raisonnable. L'idée du repreneur est d'une part de sauver des emplois, mais aussi de maintenir le tissu et l'activité industriels. A force de fermer des usines, on affaiblit la capacité de rebond d'une région.

Petite victoire? A l'échelle de 1.000 salariés (certains partiront en retraite), cela peut sembler modeste. Quoi que...  

Mais il y a là un fil à tirer : les entreprises ont un talon d'Achille, le capital, non mieux, la cotation, c'est à dire la confiance des investisseurs dans leur avenir. L'Etat doit penser ainsi, négocier sur la base de la confiance des investisseurs dont ont besoin les entreprises, plutôt que de rester sur la défensive...

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© 2010-2018 - François Hada