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Sortir des pitreries médiatiques, renouer avec les débats

texte publié le 07-08-2018

Un gouvernement qui doute n'agit pas. Il peut arriver au pouvoir porté par un projet. Si le doute l'assai Au moment de l'émettre en oeuvre, sous diverses pressions, il échoue alors. Ainsi, si la doctrine économique sème le doute sur ce qui serait juste, la règle économique s'imposera et fera échouer ce qui devait être juste. « Dans le doute, abstiens-toi ».


Ainsi, il fallait séparer les activités bancaires en deux parties: celles qui relèvent de la banque de détail de celles qui relèvent de l'investissement financier. Mais voilà: sous diverses pressions, au nom du monde nouveau, au nom de la réalité, au nom du monde tel qu'il est selon les bienheureux de la mondialisation, jusque dans le gouvernement, le doute s'est installé. « Ne va-t-on pas trop loin? » « Soyons prudents » Résultat ? Le gouvernement a renoncé, contre toute raison, contre toute logique.

Peut-on aller jusqu'à dire que la globalisation a imposé un champ de raisonnement enserrant toute velléité de politique nationale dans le doute et in fine l'abstention gouvernementale ? D'ailleurs, a-t-on encore une politique économique nationale voire européenne ? Attention: il ne s'agit pas de revenir sur la mondialisation en soi, même si des instruments de régulations seraient enfin les bienvenus.

Non, il s'agit de bien autres chose. J'entends certains regretter voire vociférer contre le transfert de souveraineté nationale vers l'Union europe. Quelle erreur. Ce n'est pas à la Commission que nous avons transféré tout ou partie de notre souveraineté nationale, mais à un système de règle économique et budgétaire. Nous avons abandonner le choix pour la règle technocratique économique. Et ce système de règles nous fait douter, donc nous fait renoncer à agir.

Il suffirait pourtant de se demander si ce que l'on fait est juste. Qu'est-ce qui est juste ? Il suffirait de se demander si ce que l'on fait conduit à plus d'égalité. Oui, mais l'égalité de quoi? Il nous suffit de reprendre le débat, de nous convaincre qu'une règle ne saurait être admise si elle ne résiste pas à la question « pourquoi ? ». Il suffit de débattre, d'aller au contact, de demander des comités, et bien des règles deviendront soudain absurdes donc contestables. Il faut débattre pour ne plus douter. Il faut débattre pour que la vérité redevienne une évidence.

Il faudrait que les politiques se réapproprient à nouveau d'un temps long pour oser et ne pas succomber à l'aversion du risque à court terme. La Démocratie ne doit subir le timing des marchés. Il faudrait que le discours politique reprennne sa place, celle d'un point de référence pour les horizons lointains, au-delà de la prochaine campagne électorale ou des 3 minutes dévolues au JT sur des sujets engageant la nation, ces 3 minutes où c'est le présentateur du JT qui commente le discours du politique, alors qu'il devrait s'effacer, même 3 minutes - oui, je sais, c'est si long- pour qu'on entende ce que le politique dit. Oui, il faudrait par exemple que la société exige que la dispute politique oppose les courtermsistes aux longtermistes... on s'éviterait des campagnes électorales médiatiques de divertissement, ces shows au cours desquels quelques candidats parodient des politiques du passé en gage de grandeur, faute de n'avoir eux-mêmes rien à dire.

1 commentaire

Sur le dernier point "quelques candidats qui parodient..." cela vaut peut-être mieux que de se croire le fruit d'une génération spontanée ou le "maître des horloges".....Mais l'hubris est un défaut affreusement commun. Quant à ce qui concerne le divertissement - qu'est-ce qu'un roi sans divertissement?- le chemin en est court pour arriver à la diversion. Mais peut-être que le JT lui-même même et la vision de la télé ne sont plus des rendez-vous obligés, fédérateurs voire manipulateurs d'une opinion soumise. Mondialisation rime avec atomisation de l'opinion de plus en plus versatile, dissolution de l'idée d'un collectif. Ce qui n'empêche pas la manipulation cf épuration de milliers de suiveurs "d'influenceurs" sur les réseaux sociaux du jour au lendemain.

Cécile AKTOUF - 08/08/2018 13:53

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