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Parti socialiste : laissons partir ceux qui ne veulent rien entendre et allons écouter les Français

texte publié le 13-10-2018

 Le Parti socialiste quitte le 10 rue de Solférino, hôtel particulier luxueux où François Mitterrand avait installé le parti qu'il venait de conquérir.

C'est le moment choisi par quelques éléphants pour annoncer avec autant de fracas qu'un verre d'eau qui se brise au sol qu'ils quittent le parti. Et alors? Qu'ils s'en aillent.


Leur motif? Le parti n'a pas tiré les leçons du quinquennat de François Hollande. Qu'ils s'en aillent.

Et ceux qui regrettent que le peuple n'ait pas compris les bienfaits du quinquennat? Qu'ils s'en aillent.

La seule leçon à tirer est simple: quel que soit le candidat, lorsqu'un parti de gouvernement obtient 6% des suffrages, c'est que tout l'appareil s'est trompé. Tout le PS s'est planté. Quand on fait 6%, rien ne sert de désigner quelques boucs émissaires: à ce niveau, c'est tout le PS qui n'a pas compris quelque chose.

Alors celles et ceux qui viennent expliquer ce qu'il aurait fallu faire tiennent des raisonnements simplistes. Nous n'avons pas compris quelque chose, voire, il y a beaucoup de choses que nous n'avons pas compris.

Qu'ils s'en aillent... ils font parti de l'erreur.

Je ne vois qu'une solution. Non pas faire le tour des fédérations pour entendre la voix des militants. Eux aussi se sont trompés. Ce sont bien les militants qui ont désigné leur candidat.

Il faut faire le tour de France, non pas pour expliquer aux Français ce qui s'est passé ou ce qu'on va faire, mais faire le tour de France pour écouter, entendre ce que les Françaises et Français ont à nous dire.... et ce ne sera pas toujours drôle. Mais c'est le passage obligé pour entendre ce que nous n'avons pas compris.

Une fois de plus, il n'y a pas d'homme ou de femme providentiels; il n'y a que les élues ou élus qui interprètent la dispute française. C'est le pays qui forge son paysage politique, c'est le pays qui énonce ses difficultés, c'est le pays qui élabore les solutions possibles ou celles qui seront rétorquées.

Ce n'est pourtant pas compliqué : accepter d'écouter les Français... avant d'avoir à écouter en rang le chant des extrêmes.

Que toutes celles et ceux qui ne comprennent pas cela s'en aillent. Ils reviendront si un jour le PS revient aux responsabilités.

1 commentaire

François Chérèque avait eu le courage de le faire en 2003 et la CFDT s'est formidablement redressée les années suivantes. Mais c'était François Chérèque, un battant, un sacré bonhomme, et il avait une ligne politique claire et nette.

Marc - 16/10/2018 18:43

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