FH

Ils veulent déboulonner l'Histoire

texte publié le 12-06-2020

C'est la dernière manifestation en cours. Au nom d'un crime commis sur la personne de monsieur Floyd, au nom de l'antiracisme, certains s'en prennent aux statues de personnages ayant participé à l'esclavage, directement ou pas. Certains vont même jusqu'à retirer des films de leur programme parce que comportant des scènes racistes.


Par ce geste où l'émotion l'emporte sur la raison, ces actions vindicatives jugent un contexte historique à l'aune de l'émotion du présent. C'est croire que le débat autour de l'affaire Roman Polanski est extensible dans le temps à l'infini. Mais la différence est que l'esclavage relève d'une situation historique et que celui-ci ne peut être rapporté aux valeurs du présent sans précaution. Oui, l'esclavage était une horreur. Et la Fondation pour la mémoire de l'esclavage est bien là pour rappeler la position de la République. Et non, cette position n'éradique pas le racisme en France. Loin de là.

Mais s'en prendre à ces monuments sans comprendre que l'on ne peut juger le passé par rapport au présent, est une faute. Il faut rappeler l'importance de l'apport d'une personne en son temps et non pas en notre temps. Lire que Napoléon a rétabli l'esclavage en France renvoie à une réalité. On peut condamner ce geste politique (par ailleurs qui a décidé pour des raisons stratégiques relevant d'une grossière erreur d'appréciation - la France établira son Empire outre-Atlantique) mais de là à jeter Napoleon aux gémonies...

Il faut que les historiens prennent la parole et expliquent l'idée de contexte historique d'une part et l'erreur de l'anachronisme d'autre part.

Ils ont toute légitimité pour cela et cela réduirait la surenchère mémorielle attisées par les tentations communautaristes.

© 2010-2020 - François Hada