FH

Manipulez, manipulez, il en restera toujours quelque chose

texte publié le 17-06-2020

Et la toile de s'émouvoir. Une fois de plus. Une infirmière a été interpellée lors de la manifestation d'hier, de manière ultra violente par une nuée de robocops colossaux qui n'avaient cure de l'asthme dont souffre celle qui des jours et nuits durant avait lutté contre la pandémie du Covid-19.


Cette infirmière haute comme 3 pommes (1,55m) avait eu le coronavirus. Une héroïne traînée par les cheveux par des forces de l'ordre casquées bottées sur-armées. « Je veux ma ventoline » proteste cette victime de l'exaction policière, « je suis asthmatique ». Consternation. Indignation. 

Mais il faut regarder tout le film.

Vidéo à l'appui, la soi-disant infirmière (qui ne semble pas être infirmière en réalité) asthmatique jette de pierres et des « doigts » aux forces de l'ordre au milieu des gaz lacrymogènes. Elle est en première ligne non pas du cortège qui s'est dissout mais de la fin de la manifestation des soignants. Repérée par les forces de l'ordre, ces dernières avancent (chargent) pour l'interpeller. Elle refuse d'obtempérer et est donc traînée ... par les bretelles de son sac à dos (et pas par les cheveux) pour être écartée de la manifestation et arrêtée.

Le hasard fait bien les choses : sa fille était dans le coin et a pu filmer la partie de la scène qui lui semblait la plus importante. C'est elle qui, journaliste consciencieuse, nous informe : elle est infirmière, a eu le coronavirus, mesure 1,55m, est asthmatique.

Je n'ai rien à dire en ce qui concerne la manifestation. Au contraire: descendre dans la rue pour améliorer ses conditions de travail est à mon sens non seulement légitime mais dans ce cas indispensable. En revanche, ce type de manipulation abiment le motif de cette manifestation. Tout ceci est pathétique et triste.

Le problème n'est pas l'interpellation de cette « infirmière » qui balançait des pierres sur les forces de l'ordre au milieu des gaz avant de se rappeler qu'elle était asthmatique une fois interpellée; non, le problème est que un peu auparavant, la police a eu pour instruction de ne pas intervenir à Dijon où 200 Tchétchènes menaient une expédition punitive, histoire de ne pas envenimer la situation.

On vit une époque formidable.

© 2010-2020 - François Hada