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Le totalitarisme des déboulonneurs de statues

texte publié le 28-06-2020

L'histoire, souvent écrit avec la première lettre majuscule, est à la fois l'étude et l'écriture des faits et des événements passés quelles que soient leur variété et leur complexité. Les faits sont les faits. 

 

Ainsi, au temps de Colbert, tout le monde était esclavagiste, sauf quelques chrétiens et on imagine la plupart des esclaves (Camus montrera la difficulté à embrasser la liberté).

L'esclavagisme était la règle sans règle. Le Code noir, dont Colbert ne fut que l'initiateur, visait à réguler l'esclavage et donc à l'encadrer. Ce code est plus le fait de la monarchie absolue que celui d'un homme. Faut-il raser le château de Versailles ? L'article premier enjoint de chasser des colonies « les juifs qui y ont établi leur résidence », présentés comme « ennemis déclarés du nom chrétien », ce dans un délai de trois mois sous « peine de confiscation de corps et de biens ». Les juifs antillais visés par le Code Noir seraient majoritairement les descendants des familles d'origine portugaise et espagnole qui avaient résidé dans la colonie hollandaise du Pernambouc au Brésil.

Rappelons d'où vient le terme esclave. Du haut moyen âge en Europe, dans les langues latino-occidentales, le mot "esclave" ou "slave" se substitue au latin "servus" pour désigner les païens privés de liberté.

L'esclave est celui qui est issu de ce trafic, initié dès le haut moyen âge, par la vente des populations des balkans et byzantines par la Champagne puis par Venise pour alimenter une traite lucrative. Ce commerce se tarit vers le XIIe siècle du fait de la christianisation des Slaves, mais sera substitué par d'autres traites, africaines et asiatiques : la traite des blancs diminuant, la traite des noirs augmente alors : deux pratiques ignominieuses.

Voilà pour l'Histoire appuyée sur des faits. Déboulonner les statues de Colbert au nom de l'anti-esclavagisme revient à réécrire l'Histoire et à verser dans un anachronisme idéologique. Le progressisme ne consiste pas à inventer le réel ou à refaire l'Histoire, mais à transformer le cours des choses dans le « bon sens ».

L'idéologie des déboulonneurs de statues est terrifiante et totalitaire: elle exige des historiens, au nom d'une conception dévoyée du progrès, de faire du réel un matériau malléable. 

La statue de Colbert rappelle qu'il fut un ministre qui incarna la force de l'Etat en France. Nous ne pouvons pas faire fi de notre histoire au risque de nous perdre à l'avenir.

Or le réel est indépendant de nous. C'est la limite de l'Homme et sa grandeur de le comprendre.

Prenons garde aux germes du totalitarisme.

© 2010-2020 - François Hada