FH

Un plan de relance Pink Floyd

texte publié le 16-07-2020

Après un entretien présidentiel très « 2022 l'odyssée de l'espace », voici le plan de relance Pink Floyd: « Money money ». Un plan de relance prend forme. A l'échelle européenne, rien n'est gagné. En France, 450 milliards € déjà engagés d'amortisseurs sociaux et économiques,,la promesse du Ségur de la santé à 7 milliards et la promesse d'un plan de relance à 100 milliards €.


L'État emprunte pour tenter de relancer l'économie en tirant profit du bas niveau des taux d'intérêt. Aurions-nous une relance keynésienne « quoi qu'il en coûte »? Voilà qui ferait très politique de gauche. Pas si  vite.

Il faut d'abord relire les textes de John Maynard Keynes. Ce qui sert de marqueur de gauche est l'intervention de l'Etat pour relancer l'économie. Comme si la droite ignorait la puissance publique. Mais surtout, ces relances budgétaires sont créatrices d'inflation et cette inflation jouait pour Keynes un rôle précis: faire baisser le coût réel du travail (salaire nominal / prix) et rétablir ainsi les profits des entreprises. Il n'était pas financier pour rien... Ça, c'est pour la gauche.

Mais encore faut-il que l'inflation suive. Pas gagné. En réalité, les autorités monétaires et gouvernementales luttent contre un risque de glissement vers la trappe à liquidité, trappe en dessous de laquelle les taux sont si bas que les acteurs préfèrent détenir de la liquidité (par opposition à l'investissement ou des placements à terme). Autrement dit, plus les taux sont bas, moins l'avenir semble prometteur et moins les acteurs économiques investissent. Si les taux sont jugés trop bas par les marchés, la BCE ne pourra plus relancer l'économie par la voie monétaire.

Bonne nouvelle: l'Insee montre que le rythme de création d'entreprises a retrouvé en France son rythme ante covid. De même, la production manufacturière semble rebondir. Certes, il y a un effet rattrapage après trois mois de confinement. Le futur ne serait donc pas si sombre à leurs yeux...pour le moment. Surtout si le chômage augmente fortement et que le coût du travail est orienté à la baisse, par le rapport offre demande sur le marché de l'emploi et/ou par les politiques d'exonérations de cotisations (et son codicille, la perte de droits sociaux liés).

In fine, il faut tout d'abord retenir que l'Etat déverse de l'argent pour éviter l'effondrement de l'économie. Quoi qu'il en coûte. Nous ne sommes plus dans le débat keynésien ou pas. Nous sommes dans le

maintien au dessus de la ligne de flottaison de notre économie. Si le chômage augmente trop fortement, la consommation s'en ressentira, et les carnets de commandes des entreprises avec. Si les entreprises n'investissent pas assez, l'emploi peut s'effondrer. Le gouvernement semble miser sur cette mécanique simple de l'offre et de la demande.

Nous n'en sommes pas à la « monnaie hélicoptère » (verser de l'argent directement aux ménages pour qu'ils puissent consommer), mais des voix s'élèvent (Louis Gallois par exemple) pour relever les minima sociaux et d'une part protéger les plus pauvres et d'autre part soutenir la consommation. Ceci s'apparente davantage à une politique de gauche.

© 2010-2020 - François Hada