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Union européenne : un accord fédéral ?

texte publié le 21-07-2020

Les 27 se sont donc entendus sur un accord « historique » en octroyant 390 milliards € de subventions aux pays les plus touchés par la crise du Covid-19, sur la base d'un emprunt commun aux 27. L'accord fait ainsi avancer l'Europe vers une forme de solidarité budgétaire, certains diront un pas de plus vers une forme de fédéralisme.


De fait, c'est bien le cas. De là à réjouir les tenants du fédéralisme, il y a un petit pas. Glissant à exécuter.

Cet accord est nécessaire. Il lie les 27, notamment via la clause du droit de regard sur l'usage des deniers ainsi versés. Il lie les 27 en les obligeant à utiliser 30% de ces fonds à de politiques « vertes ». C'est toujours en temps de crise que l'Europe avance un peu plus dans son union. A commencer par ses débuts, la communauté européenne de charbon et d'acier n'étant que la réponse européenne au retrait des troupes américaines occupées en Corée, et pour éviter que l'Allemagne ne produise à nouveau de l'acier, dont on peut très bien faire des armes, hors du regard des autres pays européens.

De ce point de vue, la condition posée par les pays autoproclamés « frugaux » pour que ces fonds restent sous le regard de la Communauté a du sens. Surtout que ces gouvernements sont sous la pression de partis d'extrême-droite qui voient d'un mauvais oeil cette « dérive fédéraliste ».

Et c'est le problème à surmonter. Si réelle avancée vers les fédéralisme il y a, c'est la nature des traités qui est touchée. Et aucun peuple n'a été convoqué pour se prononcer sur ce changement. Si celui-ci est vraiment profond, des voix vont s'élever pour réclamer un référendum et dénoncer une gouvernance qui ignore certaines expressions de souveraineté. Cela fait partie du jeu politique. Et aucun gouvernement ne peut s'en extraire. Quant à répondre à cette critique que l'accord renforcerait la souveraineté européenne, je ne suis pas certain que ce soit le bon angle, l'Europe étant décriée comme la source de nombre de nos maux.

© 2010-2020 - François Hada