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Démission du gouvernement libanais: insuffisant pour calmer la crise

texte publié le 10-08-2020

Samedi 8 août, sous pression de la rue, le premier ministre Hassan Diab a reçu l'accord du président Aoun pour présenter la démission de son gouvernement. Il se dit disposé à rester au pouvoir deux mois, le temps que les forces politiques s'entendent sur la tenue d'élections parlementaires anticipées.

Avec la perspective de nouvelles élections, que peut la société civile? Pas certain qu'elle ait le temps de se structurer. Le système clanique et/ou clientéliste risque de rependre ses droits. La structure des élections le facilite grandement.

C'est qu'en fait la chambre des députés, depuis l'Accord de Taef en 1989, doit comporter autant de musulmans que de chrétiens, soit 64 par religion, dont 43 Catholiques (33,6%), 27 Sunnites (21%), 27 Chiites (21%), 20 Orthodoxes (15,6%), 8 Druzes (6,2%), 2 Alawites (1,5%) and 1 Evangélique (0,8%). Les Juifs libanais sont représentés par le député des « autres chrétiens » par soucis d'équilibre entre les confessions chrétiennes et musulmanes.

Cette structure a été instaurée sur la base du dernier recensement, conduit il y a 30 ans. Les informations concernant la démographie religieuse du pays manquent. Mais qui va prendre le risque de déséquilibrer ces quotas? Sans compter que le président, élu par le parlement pour une durée de six ans non immédiatement renouvelables, est par convention depuis l'accord du Taëf, toujours un chrétien maronite. Même le statut de 1861 arraché au sultan par Napoléon III comportait un gouverneur chrétien assisté d'un conseil représentant les différentes communautés religieuses. Et il a duré jusqu'en 1915!

Avec ce système, le système clanique a de beaux jours devant lui.

© 2010-2020 - François Hada