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La France nerveuse à bruit bas

texte publié le 13-08-2020

Les incidents en France se multiplient en cet été. Les agressions, jusqu'aux plus sauvages, sont à déplorer presque chaque semaine parce que des personnes voulaient faire respecter le port du masque en milieu public. Faut-il rappeler les violences conjugales en hausse? Le nombre de cas signalés a de quoi inquiéter. Et les manifestations contre les « violences policières »? Une commerçante tabassée ainsi que sa grand-mère? Une jeune femme tondue pour avoir fréquenté un non-musulman?

 

La France est nerveuse. Après de longues semaines de confinement, le port du masque est peut-être vécu comme un nouvel enfermement par certaines personnes. La violence au quotidien monte en flèche.

La France est nerveuse au point qu'une rumeur de fusillade sème la panique à Cannes, alors que personne n'a entendu de déflagration.

La France est nerveuse: l'inquiétude revient avec des mesures de contamination au Covid qui remontent, sans que l'on sache s'il s'agit de la deuxième vague, tandis que la rentrée scolaire approche et que les parents s'inquiètent pour la santé de leurs enfants.

La France est nerveuse parce que le gouvernement prévient que la crise économique et sociale va être dure en septembre. Il fait la promesse d'un chômage massif à la rentrée.

De manière anecdotique dira-t-on, un général à la retraite a appelé en juillet la France à entrer en résistance, préparant sa campagne présidentielle. Cette déclaration pourrait prêter à sourire si elle n'était pas une première depuis l'OAS. Un cas ou un signe? Un militaire qui joue de ses étoiles pour appeler à résister n'est pas anecdotique, mais participe d'un « bruit bas ».

Les bruits bas sont ces signes qui pris isolément semblent insignifiants, des bruits quasi silencieux, mais qui, lorsque l'on sait écouter, annoncent quelque chose.

« Les guerres civiles commencent toujours à bas bruit » a écrit récemment Jean-Pierre Chevènement. Sans aller à ce stade jusque-là, la multiplication des incidents, des bruits bas, invite à se méfier de la rentrée de septembre. Quelque chose bouge.

© 2010-2020 - François Hada