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Trump va gagner si Biden ne se réveille pas

texte publié le 12-09-2020

Les sondages prévoient une victoire de Joe Biden. L'excellent site Real Clear Politics le détaille état par état. Reste que rien n'est évidemment définitif. Rappelez-vous: il y a quatre ans, Hillary Clinton ne pouvait pas perdre.

Donald Trump aurait perdu par sa gestion du coronavirus et la brusque montée du chômage. Sa vulgarité, son sexysme, son goût de la provocation, son incompétence... tout jouerait contre lui. 

Mais tout ceci était déjà sur la table en 2016. Et pourtant.


C'est mal comprendre ce qu'incarne Trump: même héritier, il a passé les habits de l'autodidacte; il incarne le négociateur malin et dur; il est le gardien de « l'American way »; il est la force dans un monde brutal, celui qui n'a pas peur de Poutine ou de Kim Jong-Un. Il est celui qui se confronte à la Chine. Il est l'« America First ». Et jamais cette image n'a été remise en cause.

Et toute sa communication repose sur cet imaginaire. Jusqu'aux pièges tendus aux démocrates. Joe Biden est « sleepy Joe ». Puis il se réveille et désigne Kamala Harris comme sa colistière. Trump met aussitôt en cause son éligibilité à la vice-présidence. La réponse démocrate n'a fait que renforcer les convictions de l'électorat de Trump: dénonciation du « racisme » de Trump, de son sexisme, de sa volonté de diviser. Exactement ce que le candidat républicain voulait leur faire dire, à savoir des réponses convenues, faites de tolérance, de « gauchisme mou » propre à l'élite bien pensante de Washington DC.

Trump mise sur une réaction de son électorat à ces discours. Comme en 2016. Et la situation internationale et domestique n'a pas désamorcé ce lien avec le peuple.

Les partisans républicains ont renoncé à la quête de vérité, pour préférer la recherche de la force bien plus utile dans le chaos du monde.

Puisque les experts ne sont pas d'accord sur les sujets en débat, puisque les faits eux-mêmes sont contestés, seul la croyance compte.

Trump a-t-il fait baisser le chômage ? A-t'il infligé une défaite à la Chine ? Peut-il régler le problème des migrants clandestins en érigeant un mur? La météo va refroidir les incendies en Californie ? L'électorat de Trump n'écoutera que ce que son candidat assénera. Les mythes valent plus que les « faits » colportés par la vaste conspiration politico-médiatique.

Trump a réhabilité l'idée que la politique est un rapport de forces, le lieu de conflits, y compris militaires. Nous ne vivons pas dans un siècle spirituel, comme le prédisait Malraux, mais dans une ère de violence. Alors autant miser sur le plus fort. Sur celui qui n'hésitera peut-être pas à forcer le résultat en se proclamant vainqueur avant le décompte des votes par correspondance.

Il est temps que Sleepy Joe se réveille. Sinon le scénario suivant pourrait se réaliser...

© 2010-2020 - François Hada