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Cohesion sociale et projet collectif europeen

texte publié le 13-02-2013

Délaissé des décennies entières, le concept de cohésion sociale revient dans la syntaxe politique et publique : organismes internationaux, Union européenne, gouvernements l'ont replacé au cœur de leurs priorités. Mais que signifie précisément la cohésion sociale ? Une revue de la littérature indique que cette notion n'est jamais clairement définie. Son usage est donc multiple : elle est la solution à plusieurs problèmes. La fréquence de son usage tient au flou de sa définition. Le terme est alors propulsé dans les textes ou les discours comme une évidence n'exigeant aucune autre explicitation. Ainsi en va-t-il aussi des mots liberté ou égalité. Dans une acception courante, la cohésion sociale relèverait de trois éléments : l'égalité, le lien social et l'unité. La bonne cohésion sociale d'une société décrirait ainsi un état social dans lequel les écarts entre les individus et les groupes sociaux seraient modérés, ou du moins acceptables, et où les individus seraient insérés dans un système d'appartenance leur donnant le sentiment d'être membres à part entière d'une même communauté. Pourtant, cette définition résiste mal à l'observation. Les Etats-Unis sont un pays où la cohésion sociale est dite forte, alors que les inégalités y sont pérennes et " inacceptables ". Pourtant, chaque individu adhère au même projet commun : celui des Etats-Unis. Ce qui forge la cohésion sociale est moins la mesure des inégalités, que le sentiment d'appartenance : en adhérant au projet commun, chaque individu se sent membre à part entière de l'entité politique et sociale. La cohésion sociale naît de l'adhésion de chaque individu à un projet collectif, de l'engouement qu'il suscite, et par conséquence, du sentiment d'appartenance qu'il forge. Une question : quelle est la cohésion sociale de l'Union européenne ?

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