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Marie Tudor et le pouvoir politique

texte publié le 23-06-2013

Simon Renard est en Angleterre pour organiser le mariage politique de l'Angleterre et de l'Espagne, de la reine Tudor avec le roi d'Espagne. Il va manipuler la passion sincère d'un homme du peuple et la jalousie de la reine pour écarter son favori, un Italien qu'il faut sacrifier au nom de la raison d'Etat. Le drame passionnel de Victor Hugo au Théâtre du Lucernaire. Victor Hugo nous offre une intrigue aux multiples facettes, où le réalisme politique est au début percuté de plein fouet par les raisons du coeur, et va tenter de reprendre son équilibre. Victor Hugo ne s'aventure pas sur les terres de Shakespeare, évite sa violence et sa cruauté, mais il raconte la tragédie d'une reine amoureuse et jalouse, dont les hésitations font tanguer toute l'Angleterre. Il faudra le froid réalisme politique de Simon Renard pour "sauver la reine et l'Angleterre", et donc l'Union de l'Angleterre et de l'Espagne, en s'assurant que "ce damné italien (qui a) ensorcelé la reine" soit mis hors d'état de nuire. Tout s'achève paradoxalement par trois coups de canon : l'ordre politique reprend tous ses droits pour exercer au mieux l'Etat, tout en laissant au peuple de quoi s'aimer suffisamment pour ne pas bouleverser l'équilibre du pouvoir. Cette décrit le jeu où un drame passionnel est manipulé par le jeu du pouvoir, où le pouvoir anéantit les sentiments sincères de ceux qui donnent leur vie pour leur amour, et la prend pour sauver la couronne. Victor Hugo ne dit pas dans sa pièce que l'union de Marie Tudor au roi d'Espagne visait à installer le catholicisme en Angleterre, mais évoque dans la pièce sa soeur Elizabeth, qui deviendra plus tard reine à son tour, fera emprisonner Marie Stuart d'Ecosse, et la fera décapiter. Il faudra trois coups de haches pour enfin que la tête de Marie Stuart soit séparée du corps...

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