FH

Cette gauche qui préfère s'opposer à gouverner

texte publié le 09-07-2013

La gauche du Parti socialiste a écrit aux parlementaires socialistes pour leur demander de remettre aux calendes grecques la réforme sur les retraites. Cette gauche-là , comme Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche, ne veut pas gouverner. Sa culture est celle de la minorité, de l'opposition. sa culture est celle du "yaqua faukon", considérant que la vie politique est un éternel congrès de parti, aux joutes sans conséquences sur la vie quotidienne des Français, toujours prompte à s'indigner, toujours prompte à démontrer que seule la pureté de ses propositions sont valables, toujours prompte à se détourner de tout compromis à coups de communiqués de presse dénonçant la trahison de la gauche qui gouverne, mais fière de sortir de ce débat la tête haute...

Cette gauche-là est irresponsable, sa structuration politique lui interdit de forger des propositions qui ont prises sur la réalité. Sa rigidité l'empêche d'entrer dans la culture de la réforme, du compromis. Son combat est conservateur sur le fond: ne surtout rien bouger, ne surtout pas toucher aux avantages acquis, aux intérêts catégoriels, au nom de l'intérêt général, et in fine aux dépens de l'intérêt général.

Tous les rapports qui ont fait l'objet de contre-expertises, de débats, voire de controverses, montrent depuis fort longtemps (Michel Rocard...) combien la réforme des retraites est cruciale. Ainsi, pour cette gauche-là, la réforme des retraites n'est "ni urgente ni opportune".

  Ce n'est pas pour rester immobiles que j'ai voté François Hollande en avril/mai 2012. Selon moi, la priorité est de savoir forger un premier compromis, pour créer les conditions de la confiance entre parties prenantes et avancer ensuite plus loin dans la réforme sur le fond de notre système de retraite. Certes, ces réformes ont un contenu impopulaire, mais les Français le savent parfaitement et refusent tout immobilisme qui serait fatal à notre système par répartition. Selon moi, le danger n'est pas que le gouvernement renonce à cette nécessité, mais qu'il s'arrête au milieu du gué...

Il est une urgence politique : que le Parti socialiste assume sa fonction gouvernementale et réformiste, et laisse son aile gauche bougonner, déclamer, faire des coups à 80 bandes pour le futur congrès et celui d'après... comme toujours.

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