FH

Le crédit précède la monnaie

texte publié le 12-09-2013

L'existence précède l'essence, disait Jean-Paul Sartre. En économie, le crédit précède la monnaie. Surtout, le crédit est un concept moral, la monnaie n'est qu'économique.

La pratique du prêt a devancé la création de la monnaie. La monnaie n'est qu'un système pratique d'équivalence de valeurs. Le crédit, lui, repose sur un engagement, une promesse: il est donc moral, plus qu'économiquement rationnel. S'instaure alors un rapport de force. Et pour éviter les abus au cas où les droits sur l'avenir se concentrent dans quelques mains, la société cherche autant que possible à protéger les débiteurs... histoire de protéger son avenir? Jusqu'à ce que la dette devienne insupportable. La protection des droits des créanciers est alors un dangereux corrosif pour le pacte social. La société est susceptible alors d'effacer les dettes, comme on efface ses erreurs au tableau, pour reprendre à zéro. Il en va de stabilité politique, de la pérennité de la société. Il n'est pas de crise de la dette qui ne soit d'abord politique. 

Et lorsque les dettes sont globalisées? Si le tableau est plus grand, qui détient les éponges pour effacer les dettes?

© 2010-2019 - François Hada