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L'Ukraine, back in USSR?

texte publié le 02-03-2014

"La Russie redoute plus de perdre l'Ukraine que l'Union européenne ne veut vraiment l'intégrer" selon The Economist. 

Dans ce combat opposant sur le ring de l'Ukraine l'Union européenne, la Russie et les Etats-Unis, le président élu Ianoukovitch a perdu son rapport de force avec son peuple et est allé chercher l'aide de son allié Vladimir Poutine. Pas certain que les citoyens européens, qui rejettent massivement leur Union européenne, voient dans cette victoire place de l'Indépendance une victoire de l'idéal européen...sans compter ces factions para-militaires de révolutionnaires ukrainiens arborant des croix gammées.

L'UE n'a jamais voulu de l'Ukraine dans son union, la Pologne et la Suède lui offrant en 2008 un partenariat oriental, avec la Moldavie, la Biélorussie, la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Je n'ai pas le souvenir d'un bruyant enthousiasme populaire en Europe à cette annonce. 

 Pur compromis géopolitique, Moscou refusait tout rapprochement de ses anciennes républiques avec l'OTAN. Vladimir Poutine fit comprendre en termes très directs à Ianoukovitch qu'il comptait voir l'Ukraine rejoindre son Union eurasiatique, qui compte à ce jour la Biélorussie et le Kazakhstan, et sous peu l'Arménie. Vladimir Poutine ne peut accepter l'indépendance de Kiev (un cadeau de Boris Eltsine en 1991): sans l'Ukraine, son Union douanière euroasiatique mettrait la Russie slave en tête à tête avec des États d'Asie centrale musulmans. Les divergences entre l'Europe et les États-Unis arrangent la Russie qui, après le coup de force raté en Syrie, ne craint plus guère de faire débarquer ses troupes en Crimée, même si la 6eme flotte américaine s'est rapprochée des côtes ukrainiennes. Les événements de Kiev ont obligé Européens et Américains à harmoniser leurs positions. 

Mais tous ont sous-estimé la détermination de Vladimir Poutine de conserver l'Ukraine dans sa zone d'influence. Et Poutine a mal mesuré la volonté d'une majorité du peuple ukrainien de sortir de la domination russe. La foule place Maidan a ainsi soudainement grossie lorsque les milices de Ianoukovitch ont ouvert le feu sur des personnes désarmées. Une ligne était franchie. La question n'était plus l'assouplissement du régime, mais la démission de Ianoukovitch, de plus en plus isolé, jusqu'à sa fuite, non pas à Varenne, mais à l'abri russe. 

Dernier élément : Staline en annexant à l'Ukraine, en 1945, des territoires enlevés à la Pologne, à la Roumanie et à la Tchécoslovaquie, a mis en place un dangereux mikado. Peuplée en majorité de gréco-catholiques, l'ancienne Galicie est aujourd'hui le fer de lance de l'opposition ultranationaliste "Secteur droit"... opposée à l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne ! Et dont les miliciens se plaisent à faire la démonstration de leur sens de la violence. Leur héros s'appelle Stepan Bandera qui, par antisoviétisme, collabora avec l'Allemagne nazie... 

 L'opposition ukrainienne n'est donc pas que pro-européenne, elle comporte aussi des nazis. Un argument de plus pour Poutine pour répondre par la force à cette révolution...

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