FH

Accélération des temps politiques

texte publié le 17-09-2014

De nos jours, la Cité ressemble de plus en plus à une "nanocratie" où règne la nanoseconde, symbole du temps infiniment petit, ou le "nano" en général, mesure de l'infiniment petit, qui impose ses mouvements heurtés voire imperceptible au monde.

François Hollande en campagne

Et lorsque ces mouvements et temps sont corrélés, démultipliant leur amplitude, il est bien difficile d'anticiper un événement majeur. Comme si nos démocraties n'étaient plus que des espaces géographiques limités, finis, où s'impose le nano comme mesure de base de l'événement politique: temps ultra court, événement infiniment petit, effet démesuré, durée parfois infinie par son intensité.

Le temps d'un drame, d'une catastrophe...

La lecture du futur comme espace des possibles en est alors affaiblie, brouillée: l'accélération politique trouble notre vision de demain. La cadence effrénée de livraison des images, des informations et des processus de mutation économique, sociale et technologique, rend de fait le futur immédiat: le futur c'est maintenant. Il n'y a plus de place pour demain. La préférence pour l'instantané, le zapping et l'ultra-mobilité réduit notre aptitude à réguler, impulser ou accompagner des changements. La nanocratie réduit le politique tel qu'il était conçu au siècle passé.

Comment donc soustraire la politique aux règles de l'accélération ?

© 2010-2019 - François Hada