FH

L'Histoire pour bâtir l'avenir

texte publié le 15-02-2016

J'ai du mal à comprendre une chose: nous avons confié aux enseignants le soin de préparer l'avenir, parce que la jeunesse est notre avenir et à ce titre un de nos biens les plus précieux... mais alors, pourquoi les payer au lance-pierre? Pourquoi une telle dévalorisation de leur métier? Notre système éducatif ne répond plus aux défis à venir, il ne traite pas des problèmes et défis auxquels chacun sera tôt ou tard confronté au cours de sa vie. 


Pour chaque jeune, l'avenir est devant lui et il doit pouvoir y loger son espoir. Seules la confiance en lui ou elle, l'autonomie intellectuelle, l'autonomie émotionnelle, la capacité à décider peuvent forger cette aptitude à faire face aux réussites mais aussi aux échecs, à faire la part entre l'illusion et le rêve, à admettre autrui, à se comprendre soi-même, à apprendre à affronter les incertitudes et les inquiétudes du monde, à déjouer les pièges de l'ignorance et de la connaissance trop affirmée.

Et comment ne pas entendre cette nécessité à l'heure où Internet submerge chacune et chacun d'informations et tend à noyer notre aptitude à estimer, à juger, à comprendre?

Il manque à nos manuels d'Histoire des chapitres détaillant les succès et les erreurs de l'Europe et de la France en particulier, dans sa capacité à accueillir et intégrer de nouveaux migrants. Il manque à nos manuels d'Histoire des chapitres soulignant la multiplicité des identités et cultures qui composent une Nation. La France n'est pas qu'un ancien empire, elle n'est pas une nostalgie; la France est une mosaïque de cultures, un agrégat inconstitué de peuples désunis qui ont su pourtant s'agréger, s'unir, devenir et faire Nation, lorsqu'il s'agissait de bâtir l'avenir.

La culture, ce produit des êtres humains qui ont su travailler ce qui leur est donné, n'est pas qu'une histoire de musées et de monuments grandioses: elle est notre capacité à s'ouvrir au monde, donc à l'avenir, pour nous y projeter. Elle est l'avenir pour lequel nous devons travailler et nous battre, voire combattre...et oeuvrer, même au noir.

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