FH

Les tweets d'Alain Juppé

texte publié le 17-02-2016

C'est Nicolas qui s'y colle, c'est Alain qui collecte. Les commentaires abondent sur la toile: tweets cyniques, acides, assassins d'Alain Juppé.


Certes. Son rappel au droit, à la présomption d'innocence, son empathie passagère et son souhait pour "nous tous" que le bon droit prévale, prêtent à sourire. Mais pour combien de temps?

Que Alain Juppé souhaite "pour nous tous" que son ami Nicolas Sarkozy fasse valoir son bon droit, suggère une autre lecture que le message assassin: et si la chute de l'un entraînait celle de tous, rappelant au passage qu'ils ont tous un soir ou l'autre, soupé à la même table... Il sait peut-être qu'il vaudrait mieux pour lui triompher dans les urnes que dans un tribunal. Il en sait quelque chose, et redoute peut-être qu'on le lui rappelle. Car si présomption d'innocence il y a bien, notre formidable époque 2.0 n'en a cure... comme elle n'a cure de ce que Alain Juppé a payé ses fautes et accessoirement celles d'autres, et devrait être considéré comme un homme neuf...

J'entends déjà quelques leaders de parti prompts à dénoncer les fautes de certains comme preuves des crimes de tous les autres sauf eux. Vous me direz que la perquisition chez Jean-Marie Le Pen interdit la litanie "tous pourris", en tout cas de la tribune de Marine. Vraiment? Un temps seulement...

Nicolas Sarkozy sera-t-il seul à périr, sous les coups de couteaux de ses amis, comme le décrit si bien Philippe Guibert en dressant le parallèle avec le roman d'Agatha Christie "le crime de l'Orient Express"?

A trop d'assassiner, ne finit-on pas par tous se planter?

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